Objectif
Reconnaître les obstacles numériques systémiques, connaître les exigences légales, comme la Loi sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario (LAPHO) et les Règles pour l’accessibilité des contenus Web (Web Content Accessibility Guidelines [WCAG]), et mettre en œuvre des pratiques numériques inclusives, afin de garantir une pleine participation de toutes les personnes aux activités éducatives, administratives et communautaires.
Lecture adaptée et niveaux de compréhension
L’accessibilité numérique consiste à s’assurer que l’information est fournie, mais qu’elle est aussi lisible, compréhensible et exploitable par l'ensemble des utilisatrices et des utilisateurs (les élèves, les familles nouvellement arrivées, les personnes en situation de handicap cognitif, ainsi que les personnes pour qui le français n’est pas la langue première).
Pourquoi l’accessibilité numérique est-elle essentielle?
Selon les principes définis dans la Loi canadienne sur l’accessibilité, l’information que transmettent les organismes publics doit être disponible et facilement accessible, mais aussi formulée de manière à être comprise par toutes les personnes concernées. Cela implique de porter une attention particulière à la clarté du langage, à la diversité des modes de présentation et à l’adaptabilité du contenu selon les besoins cognitifs, linguistiques et culturels des destinataires.
Stratégies pour améliorer la lisibilité et la compréhension d’un texte informatif
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Exemples en contexte scolaire
Une école publie ses consignes de sécurité en trois formats, soit un texte simplifié, un audio et une vidéo comportant des pictogrammes.
Un portail d’inscription en ligne utilise un assistant virtuel (un agent conversationnel [chatbot] ou une aide contextuelle) comportant un langage accessible à un niveau de lecture de 6e année pour guider les familles dans le processus d’inscription.
Une direction d’école traduit son message de bienvenue dans les langues de sa communauté et l’accompagne d’une capsule vidéo sous-titrée qui donne des explications.
Rapport sur l’enquête Le droit de lire
Le rapport sur l’enquête Le droit de lire (2022), publié par la Commission ontarienne des droits de la personne (CODP), constitue une ressource incontournable pour comprendre les obligations des systèmes éducatifs en matière de littératie et d’équité. Issu d’une enquête systémique, ce rapport met en lumière les lacunes persistantes dans l’enseignement de la lecture aux élèves, notamment les élèves en situation de handicap, racisées et racisés, autochtones ou nouvellement arrivées et arrivés de l’Ontario. Il appelle à une transformation fondée sur les droits de la personne, en insistant sur l’importance d’un enseignement basé sur des données probantes, de l’intervention précoce et de la mise en place d’environnements pédagogiques inclusifs. Le rapport sur l’enquête Le droit de lire rappelle que l’accès à la lecture n’est pas un privilège, mais un droit fondamental, étroitement lié à la dignité, à la réussite scolaire et à la pleine participation sociale.
Responsabilités des leaders du système scolaire
Les leaders du système scolaire jouent un rôle fondamental en matière de littératie et d’équité. Cela consiste notamment :
- à encadrer la création et la diffusion de contenus accessibles dans tous les services du conseil scolaire (services pédagogiques, services des communications, des ressources humaines, des finances, etc.).
- à sensibiliser les équipes-écoles à l’importance de la lisibilité des messages envoyés aux élèves et aux familles.
- à veiller à ce que les plateformes utilisées (site Web, portails, systèmes de gestion) présentent des contenus multiformats.
- à favoriser une culture organisationnelle où la diversité des modes de compréhension est valorisée et intégrée dès la conception des documents.
- à former les équipes à la rédaction inclusive et accessible liée aux droits linguistiques et cognitifs.
- à soutenir la création de ressources multisensorielles, en collaboration avec des orthopédagogues, des spécialistes en littératie et des conseillères et des conseillers technopédagogiques.
Les leaders doivent également aligner les politiques locales sur les recommandations du rapport Le droit de lire, notamment en matière d’intervention précoce et d’outils adaptés.
Documents accessibles (PDF, vidéos sous-titrées, formats substituts)
Une information est véritablement accessible lorsqu’elle peut être consultée, comprise et utilisée de manière autonome par toutes les personnes, quels que soient leurs besoins ou leurs capacités. Cela implique de concevoir des documents numériques qui sont compatibles avec les technologies d’assistance (comme les lecteurs d’écran) et conformes aux normes d’accessibilité reconnues. Les fichiers PDF, les vidéos éducatives, les documents administratifs et les formulaires en ligne doivent être pensés dès le départ pour être inclusifs et accessibles.
Les cadres scolaires ont un rôle clé à jouer pour s’assurer que les documents produits ou partagés au sein du conseil scolaire respectent les Règles pour l’accessibilité des contenus Web (WCAG) 2, les Exigences d’accessibilité pour les produits et services de TIC, soit la norme EN 301 549 reconnue à l’échelle internationale, ainsi que les obligations légales définies par la Loi sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario (LAPHO).
Exigences clés pour des documents numériques accessibles
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Conformité aux normes officielles
Les documents numériques doivent, au minimum, respecter les critères WCAG 2, qui sont exigés par la Loi sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario (LAPHO). Pour les conseils scolaires, cela comprend les sites Web, les formulaires en ligne, les documents PDF téléchargeables, les vidéos sur les plateformes scolaires ainsi que tout le matériel de communication ou de formation.
La norme EN 301 549 définit les exigences de performance pour les technologies de l’information et de la communication accessibles, y compris les contenus Web, les logiciels, le matériel, les documents et les services d’assistance. Cette norme, reconnue par le gouvernement du Canada, fournit un cadre robuste pour les solutions technologiques accessibles dans le secteur public.
Bonnes pratiques pour les conseils scolaires
Les leaders des conseils scolaires doivent s’assurer :
Pour soutenir l’évaluation et l’amélioration de l’accessibilité des ressources numériques, il est possible de s’appuyer sur les grilles suivantes :
Pour aller plus loin et soutenir concrètement l’accessibilité numérique au sein des conseils scolaires, il est recommandé d’explorer des ressources techniques et normatives de référence.
- Les Règles pour l’accessibilité des contenus Web (WCAG) 2 (Web Content Accessibility Guidelines) du World Wide Web Consortium (W3C) constituent la norme internationale pour concevoir des contenus Web accessibles à toutes les personnes, y compris celles utilisant des technologies d’assistance.
- Le site Web Access Board du gouvernement américain et le document EN 301 549 – Exigences d’accessibilité pour les produits et services ICT de l’European Telecommunications Standards Institute (ETSI) fournissent des exigences précises pour les technologies de l’information et des communications (TIC).
- Le rapport du gouvernement du Canada intitulé Technologies de l’information et des communications : État actuel de la conformité aux normes d’accessibilité offre un aperçu utile des défis actuels et des pratiques exemplaires à adopter.
Navigation intuitive
Une interface numérique accessible repose sur une navigation intuitive dans laquelle l’information est organisée de manière logique, les menus ont une architecture solide et cohérente, et les utilisatrices et les utilisateurs peuvent facilement savoir où elles et ils sont, où elles et ils peuvent aller et la façon d’y accéder intuitivement.
Principes à appliquer
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Application dans le milieu scolaire
Les exemples présentés ci-dessous montrent des situations où la navigation intuitive peut être appliquée dans le milieu scolaire.
Exemples
Un portail pour les parents qui présente les options du menu en langage clair et qui contient des pictogrammes et une disposition régulière d’une page à l’autre.
Une plateforme d’apprentissage en ligne où chaque module a la même structure : introduction, objectifs, contenu, évaluation.
Un site Web scolaire qui affiche systématiquement un bouton « Retour à l’accueil » ou un bouton « Contactez-nous » dans le coin supérieur droit de chaque page.
Responsabilités des leaders du système scolaire
Les leaders du système scolaire peuvent :
Accessibilité des plateformes éducatives
Les environnements numériques d’apprentissage (ENA) sont aujourd’hui des composantes centrales du parcours scolaire. Que ce soit pour l’enseignement, l’évaluation, la communication ou l’administration, ces plateformes doivent permettre à toutes les personnes, y compris celles en situation de handicap, d’y accéder et d’y participer pleinement et de façon autonome.
Une plateforme éducative est considérée comme accessible lorsqu’elle est entièrement compatible avec les technologies d’assistance telles que :
Objectifs d’accessibilité dans les plateformes éducatives
L’accessibilité des environnements numériques d’apprentissage (ENA) ne concerne pas uniquement l’élève. Elle touche aussi les familles, les membres du personnel enseignant et administratif, ainsi que toute personne appelée à utiliser ces outils. Elle vise :
Critères essentiels à surveiller
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Technologies d’assistance
Pour que les environnements scolaires numériques soient véritablement accessibles, les élèves doivent pouvoir utiliser les outils technologiques adaptés à leurs besoins et y être formées et formés dans un climat de valorisation et de dignité. Cela signifie que les conseils scolaires ne doivent pas seulement permettre l’usage des technologies d’assistance. Ils doivent en garantir la disponibilité, la compréhension et l’intégration systémique.
Conformément à la Loi canadienne sur l’accessibilité (2019), les institutions publiques, y compris les systèmes éducatifs, ont l’obligation de déterminer, d’éliminer et de prévenir les obstacles à l’accessibilité, notamment en ce qui concerne les technologies de l’information et des communications (TIC). L’un des principes directeurs de la loi est la liberté de faire des choix en matière d’outils d’assistance, sans discrimination ni limitation inutile.
Qu’est-ce qu’une technologie d’assistance?
Les technologies d’assistance désignent tout outil, dispositif, logiciel ou équipement qui compense une limitation fonctionnelle ou favorise l’autonomie d’une personne dans l’accès à l’information, à la communication, à l’apprentissage ou à la mobilité. Elles peuvent être matérielles (par exemple, claviers de remplacement, machines Braille) ou numériques (par exemple, lecteurs d’écran, logiciels de prédiction de mots, convertisseurs de texte en parole).
Exemples de technologies d’assistance utilisées en milieu scolaire
| Catégorie | Exemples d’outils | Utilisatrices et utilisateurs potentiels |
|---|---|---|
| Lecture et écriture | WordQ, Lexibar, Voice Dream Reader | Élèves ayant un trouble de lecture, un TDAH ou une limitation cognitive |
| Vision | JAWS, NVDA, ZoomText, VoiceOver (Apple), plages braille | Élèves ayant une déficience visuelle |
| Mobilité | Commande oculaire, claviers adaptés, souris placée à la tête | Élèves ayant une mobilité réduite ou des limitations motrices |
| Communication | Logiciels de communication alternative et améliorée (CAA), tablettes vocales | Élèves ayant des troubles de la parole ou du langage |
| Organisation | Calendriers visuels, minuteries numériques, organisateurs graphiques (par exemple, Inspiration) | Élèves ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou des troubles des fonctions exécutives |
Rôle des leaders du système scolaire
Les leaders du système scolaire doivent :
Équité et choix
Il est essentiel de reconnaître que le recours aux technologies d’assistance n’est pas un avantage indu, mais une mesure d’équité. En respect du principe d’inclusion universelle et des droits de la personne, chaque personne doit pouvoir choisir l’outil qui lui convient, en fonction de ses préférences, de sa dignité et de son autonomie.