Objectif
Élaborer et mettre en œuvre une vision stratégique en matière d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (ÉDIA) qui est en cohérence avec les valeurs du conseil scolaire, et qui se traduit par des politiques inclusives, des pratiques équitables et un engagement collectif axé sur la dignité, le bien-être et la réussite de tous les membres de la communauté scolaire.
Bâtir une vision stratégique concernant l’ÉDIA
Pour instaurer une culture organisationnelle inclusive et durable, un conseil scolaire doit d’abord poser un geste significatif et prendre position de façon résolue pour l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité (ÉDIA). Cette posture ne peut être assumée par un seul palier hiérarchique. Elle doit plutôt émerger d’une démarche collective et participative qui engage toutes les voix de la communauté scolaire : élèves, familles, personnel scolaire et administratif, partenaires communautaires, directions d’école et cadres supérieures et supérieurs.
Prendre position collectivement pour l’ÉDIA
Avant d’élaborer des politiques ou d’adopter des énoncés formels, il est essentiel de créer des espaces de dialogue, de réflexion critique et de mobilisation afin que la communauté scolaire puisse :
- reconnaître les inégalités existantes;
- affirmer son engagement en matière de justice sociale;
- définir les principes éthiques et les valeurs partagées qui guideront les actions futures.
Cette prise de position peut s’articuler autour d’une série de consultations, d’ateliers participatifs ou d’un processus de coconstruction symbolique (par exemple, charte de l’inclusion, mur d’engagements).
La charte de l’inclusion présentée ci-dessous est un exemple qu’un conseil scolaire pourrait élaborer collectivement afin d’énoncer clairement ses principes et ses engagements en matière d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (ÉDIA), en vue de les ancrer dans la culture organisationnelle.
(MED insérer image 04-01-infographie)
Élaborer une vision stratégique fondée sur les données et les voix de la communauté
Une fois l’engagement collectif affirmé, le conseil scolaire doit s’appuyer sur des données concrètes et représentatives pour élaborer une vision stratégique cohérente en matière d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (ÉDIA). Cela comprend :
- des données désagrégées (par exemple, taux de suspension selon la race ou le genre, composition du personnel, réussite scolaire);
- des récits d’expérience recueillis auprès des membres de groupes méritant l’équité (par exemple, élèves noires et noirs, élèves autochtones, élèves 2ELGBTQIA+, élèves en situation de handicap);
- des contrôles internes des politiques, des pratiques et des environnements;
- des analyses intersectionnelles pour saisir la complexité des obstacles vécus.
Pour mieux comprendre les types de données à recueillir et leur utilisation dans une démarche axée sur l’ÉDIA, se référer à la section Mesurer et analyser la portée des initiatives en équité, en diversité, en inclusion et en accessibilité. Le rapport Rêves repoussés : faire face au racisme et à la discrimination envers les Noirs dans le système d’éducation publique en Ontario de la Commission ontarienne des droits de la personne souligne l’importance de cette étape pour s’assurer que les engagements ne sont pas déconnectés des réalités vécues. Il recommande de bâtir une vision antiraciste en se basant sur des constats faits sur le terrain et non seulement sur des intentions générales.
Ancrer la vision stratégique dans les déclarations d’engagement officielles
Une fois définie, la vision stratégique en matière d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (ÉDIA) doit être intégrée aux documents du système scolaire, notamment :
- au plan stratégique pluriannuel du conseil scolaire;
- au code d’éthique ou d’engagement professionnel;
- aux énoncés de mission, de vision et de valeurs du conseil scolaire et des écoles;
- aux plans d’amélioration scolaire ou aux cadres de leadership.
Ces documents doivent :
- refléter un engagement explicite en matière d’antiracisme, de lutte contre les discriminations systémiques, d’accessibilité et de justice sociale;
- employer un langage clair et inclusif axé sur la responsabilisation;
- inclure des objectifs mesurables et des mécanismes de suivi.
Mettre en œuvre la vision stratégique et en assurer la cohérence sur le plan systémique
L’engagement exprimé ne prend tout son sens que lorsqu’il se traduit dans :
- les politiques administratives et pédagogiques;
- les décisions budgétaires;
- la formation du personnel et le soutien aux directions d’école;
l'obligation de rendre des comptes à la communauté.
Le leadership doit veiller à aligner les pratiques sur la vision stratégique et à soutenir une culture d’amélioration continue, en évaluant régulièrement les progrès réalisés et en réajustant les actions en fonction des besoins.
Leadership inclusif : une attitude basée sur l’éthique, la collaboration et la transformation
Une fois que la vision stratégique en matière d’équité, de diversité, d’inclusion et d’accessibilité (ÉDIA) est définie collectivement, sa concrétisation repose sur un leadership inclusif qui constitue la pierre angulaire de la transformation sur le plan systémique. Ce leadership dépasse la simple gestion ou l’application de politiques. Il représente un engagement actif et intentionnel à bâtir des milieux scolaires justes, représentatifs et bienveillants, où chaque personne peut s’épanouir pleinement. Pour ce faire, les cadres du système scolaire doivent adopter une attitude basée sur l’éthique, la collaboration et la transformation, fondée sur une conscience approfondie des dynamiques de pouvoir, des oppressions et des réalités identitaires multiples. Cette attitude doit se refléter dans l’ensemble des sphères d’influence du leadership : gouvernance, relations humaines, pédagogie, allocation des ressources, climat scolaire, accompagnement professionnel et culture organisationnelle.
Caractéristiques du leadership inclusif
Le leadership inclusif :
- reconnaît et remet en question les dynamiques d’exclusion présentes dans le système scolaire, qu’elles soient liées à la race, au genre, à la classe sociale, à la langue, à l’identité culturelle, à la capacité ou à l’orientation sexuelle;
- mobilise la communauté scolaire dans une vision commune de la justice sociale en créant des espaces où les voix marginalisées sont écoutées, valorisées et intégrées aux décisions;
- adopte une attitude axée sur l’humilité culturelle en reconnaissant que l’apprentissage en matière d’équité est continu, inconfortable et transformationnel;
- assume une responsabilité partagée pour repérer les biais cognitifs implicites, les inégalités et les pratiques discriminatoires, et pour y remédier;
- s’appuie sur des données pour éclairer ses décisions en tenant compte des voix, des expériences vécues et des réalités intersectionnelles.
Le continuum du leadership équitable
L’autoformation Vers un leadership inclusif propose un continuum du leadership équitable qui aide les cadres du système scolaire à se situer dans leur développement professionnel et organisationnel. Ce continuum comprend cinq niveaux.
(MED insérer image 04-01-continuum)
Posez-vous la question : Où vous situez-vous actuellement dans ce continuum? Quels leviers pourriez-vous activer pour progresser?
Pratiques concrètes à promouvoir
Un leadership inclusif se traduit par des actions telles que :
- la création de comités ou de cercles consultatifs représentatifs pour aider à orienter les décisions;
- la mise en place de communautés d’apprentissage professionnel axées sur l’antiracisme, la pédagogie inclusive et les traumatismes historiques;
- la coconstruction de politiques avec les personnes concernées, et non simplement pour elles;
- l’intégration de l’ÉDIA dans l’évaluation du rendement des directions d’école et dans les plans d’amélioration continue;
- l’accompagnement des équipes dans des moments de tension ou de résistance, en gardant l’équité au centre des décisions.
Le leadership inclusif : une responsabilité partagée
Dans une approche véritablement inclusive, le leadership ne se limite pas aux cadres supérieures et supérieurs ou aux directions d’école. Chaque personne, peu importe son rôle dans la communauté scolaire, exerce une forme de leadership lorsqu’elle agit pour favoriser l’équité, remettre en question les injustices ou créer un climat de respect, de sécurité et d’appartenance. Le leadership inclusif est donc collectif, relationnel et partagé. Il repose sur la capacité de chaque personne à influencer positivement son environnement, à apprendre et à coconstruire des milieux scolaires équitables.
Le rôle des différentes parties prenantes dans le leadership inclusif
Pour aller plus loin
Le leadership inclusif s’apprend, s’affine et se cultive dans l’action. Il nécessite :
- un engagement personnel profond à désapprendre et à évoluer;
- un réseau de soutien professionnel pour briser l’isolement;
- une culture organisationnelle qui valorise la remise en question et le courage moral.
Comme le rappelle le Cadre de leadership de l’Ontario, les leaders efficaces agissent en tant que modèles de façon éthique et équitable, en influençant non seulement les résultats scolaires des élèves, mais aussi la justice sociale dans leurs communautés.
Climat scolaire positif et sécuritaire : un levier central d’une culture d’inclusion
Après avoir défini une vision partagée de l’équité, de la diversité, de l’inclusion et de l’accessibilité (ÉDIA) et établi un leadership inclusif à tous les niveaux du système éducatif, il est essentiel de veiller à ce que cette vision se traduise concrètement dans les expériences que vivent au quotidien les élèves, le personnel et les familles. Le climat scolaire est l’un des reflets les plus tangibles de la culture d’inclusion d’une école ou d’un conseil scolaire, car il témoigne de la qualité des relations, du sentiment d’appartenance, du respect mutuel et du bien-être collectif.
Instaurer un climat scolaire positif et sécuritaire ne se limite pas à prévenir les conflits ou la violence. Il s’agit de créer intentionnellement des espaces où chaque personne se sent reconnue, écoutée, soutenue et protégée. Cela implique d’agir à la fois sur les politiques, les pratiques quotidiennes, les interactions humaines et les environnements physiques et émotionnels.
Une culture du soin, de la bienveillance et de la justice
Un climat inclusif repose sur :
- la reconnaissance de la dignité de chaque personne;
- la présence de relations bienveillantes et sécurisantes, tant entre adultes qu’entre adultes et élèves;
- des interventions cohérentes, réparatrices et équitables en cas d’incident ou de tension;
- une vigilance continue en matière de microagressions, de biais cognitifs, de violences et d’exclusions invisibles.
Créer un climat sécuritaire, c’est aussi reconnaître que certaines personnes ou certains groupes sont historiquement et systématiquement plus à risque d’exclusion ou de marginalisation, et qu’un traitement égal ne suffit pas : il faut un traitement équitable, adapté aux besoins et aux réalités de chaque personne.